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L'objet : Bête galette comme toutes les autres, boitier insignifiant, on est bien loin de ce qu'a été le coffret "6 in 1 Happy Together", passons...
Les bonus :
Bilan assez mitigé de ce coté là : si "Born from the Ashes", loin d'un prétendu making-of, n'est qu'un assemblage de platitudes sans aucun intéret , plus intéressante est l'interview de Wong Kar-Wai par J. Hoberman. Sans sortir de l'attitude que l'on connait habituellement, Wong Kar-Wai nous livre une prestation/présentation bien enlevée et globalement assez captivante, parsemée de quelques détails sur le tournage, les acteurs, le tout dans une ambiance détenue avec bien-sur toute la maitrise que Wong Kar-Wai peut avoir de l'image qu'il donne lui. Ces 42 minutes constituent donc un vrai point d'intéret, et même s'il n'y a fondamentalement rien de nouveau dans ce qui est dit, entendre Wong Kar-Wai parler avec tendresse de Leslie au travers d'anecdotes réchauffe le coeur.
Le film : nous voilà dans le vif du sujet. Préambule important : pour tous ceux qui découvrent le film, foncez! Toute les réserves que je vais faire ne sont que relatives à la version originale (et encore de laquelle parle-t-on ?). En lui-même, Ashes of Time Redux tient parfaitement la route et est peut-être d'un abord plus facile que la version historique.
Maintenant qu'en est-il pour les fans de ce film, pour ceux qui connaissent, sinon chaque scène (si, si, il y en a) mais du moins la structure générale de la version de départ ? Enthousiasme ? Non, certainement pas. Déception ? En partie peut-être.
Le remontage qui a été fait tend à linéariser la trame narrative, l'introduction d'un chapitrage y contribue. Cela commence dès les premières scènes avec l'absence remarquée du combat de Leslie dans la hutte, épisode qui pourrait aussi bien se situer lors desaventures de jeunesse de Ouyang Feng qu'après son départ du désert, capital donc pour une vision non-linéaire de l'histoire (la scène est d'ailleurs également absente de la version TF1Video). Cette perte de dimension nuit quelque peu à l'universalité du propos. De même, l'absence du comabt inital entre Houang Yaoshi et les brigands attenue de la différence de caractère entre lui et Ouyang Feng.
Autre critique majeure, de mon point de vue, l'absence tout à fait contestable (s'elle n'est pas justifiée techniquement par la qualité des matériaux) d'une des scènes les plus poignantes du film: le cri de Brigitte Lin. Pour tous ceux que ce cri a ébranlés, terrifiés ou stupéfaits, cette absence fait l'effet d'une cicatrice mutilante. D'autres scènes manquent également mais de manière bien moins cruelle telle celle où la femme de Hung Qi le nourrit pendant sa convalescence ou bien l'insertion de plans de Brigitte Lin à la fin du film.
A coté de tous ces points négatifs, il faut mettre en balance les qualités de cette version. Qualités techniques certes, mais il faut avouer que la remasterisation digitale est particulièrement réussie. Même si l'insertion de certains plans fixes n'est pas toujours bienvenue, l'ensemble est un vrai plaisir à regarder. Autre point positif, la musique avec un savant mélange de la partition d'origine et de la reviste qu'en fait Yo-Yo Ma. L'intégration est une vraie merveille et les transitions sont quasi-insensibles. Aspect technique mis de coté, ce nouveau montage n'a pas d'apport majeur, hormis peut-être le plan avec les fleurs de pêcher, bien intégré et signifiant.
Conclusion : je ne peux évidemment que vous encourager à acquérir cette version. J'aurais certainement préferé un peu plus d'audace de la part de Wong Kar-Wai qui s'en est tenu à une version certes plus grand public mais néanmoins de grande qualité. Voir ce chef-d'oeuvre a un tel niveau de qualité technique est en soi un vrai plaisir qu'il ne faut pas bouder. Aucun doute que cette version fera réference.
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